Mon accouchement (TMI inclus đź“Ł)
Mon accouchement TMI included
Illustration de Ummablog

Mon accouchement (TMI included – vous ĂŞtes prĂ©venu.e.s !)

 

Lundi 15 juin 2020 : Aller à la maternité pour monitoring / suivi diabète gesta.

 

Voici ce qui Ă©tait inscrit dans ma to do list de ce jour.

Ce jour où tout a basculé.

C’était un rendez-vous à la maternité (hebdomadaire depuis ma 35ème semaine d’aménorrhée) pour checker mon diabète gestationnel et s’assurer que tout va bien, tout ça via une séance de monitoring (machine qui enregistre le rythme cardiaque de bébé et les contractions de maman).

Lors de ce rendez-vous du lundi 15 juin, le monito nous dévoile que tout roule et bébé semble péter la forme selon la sage-femme. Une fois rassurée et habillée, j’hésite (ne sachant pas trop si c’était important ou pas) mais je finis par dire que ça faisait peut-être 2 jours que je sentais bébé moins bouger.

Et hop ! Direction les urgences (le fait de ne pas sentir son bĂ©bĂ© bouger – ou mĂŞme, dans mon cas, de simplement moins la sentir – est quelque chose qui est pris très au sĂ©rieux au sein des maternitĂ©s). Dans le doute, la sage-femme prĂ©fère vĂ©rifier que tout va bien en faisant une Ă©chographie.

Constat : il n’y a plus trop de liquide amniotique et le docteur dit que bébé serait mieux à l’extérieur que dans mon ventre. À 40 semaines d’aménorrhée et 1 jour, on me recommande donc de déclencher mon accouchement. Le docteur ajoute que je peux rester à l’hôpital et dire au papa de venir avec les affaires. Et là, comment te dire que je panique… Je panique très fort !

Euuuh, c’était pas dans la to do list ça… 

Quitte Ă  faire un aller-retour express, je dĂ©cide de rentrer Ă  la maison dans un premier temps – j’ai besoin de digĂ©rer la nouvelle, de me prĂ©parer, de prendre une douche, de checker une Ă©nième fois les affaires et de faire garder mes bĂ©bĂ©s chiens. J’ai le ok du docteur qui me dit qu’il faudrait ĂŞtre lĂ  en fin d’aprem quand mĂŞme.

Je sors de l’hĂ´pital, j’appelle ma sĹ“ur en larmes pour lui raconter et lui demander de venir garder les bĂ©bĂ©s chiens (elle Ă©tait prĂ©parĂ©e Ă  cette Ă©ventualitĂ© of course) – elle a des mots rĂ©confortants et me dit que tout va bien se passer. Je la crois.

Dans le taxi je suis toujours en larmes – sanglots et gros reniflements (sons non rassurants en pĂ©riode de Covid-19, le chauffeur baisse toutes les fenĂŞtres et roule de plus en plus rapidement – ça me va aussi).

Je retrouve Monsieur qui lui est super excité, on se prend dans les bras, il me refile sa super excitation et c’est parti on prépare nos affaires, on se fait beaux pour LA rencontre de notre vie, on fait des bisous aux bébés chiens et ciao la vie d’avant !

On arrive à la maternité vers 17h, le temps de s’inscrire à l’administration et d’être acceptés aux urgences / salles de naissance il devait être 17h30 (non, on s’en fout pas…).

La sage-femme nous explique que le déclenchement se fera via un tampon (pas retenu le nom ni le concept en détail mais en gros, ça déclenche les contractions utérines avant leur apparition spontanée et te met en mode travail pour accoucher par voie basse).

Mon col est postérieur et ouvert à 1 et comme par magie, je commence à avoir des contractions avant la pose du tampon mais celles-ci ne sont pas assez importantes selon le monitoring et la sage-femme pour se passer du déclenchement.

Ok les gars, mettez ce foutu tampon – je suis prĂŞte !

Vers 19h, tampon mis, il faut encore surveiller pendant 2 heures avant de pouvoir s’installer dans la chambre. Je dis à Monsieur d’en profiter pour prendre l’air (la maternité étant située dans son quartier d’enfance et la période Covid-19 interdisant toutes sorties après 20h, c’était le moment d’y faire un tour en toute insouciance et libre de toute responsabilité parentale !).

Je commence à ressentir quelques douleurs mais très supportables et de toute façon la sage-femme m’avait prévenue qu’il pouvait se passer jusqu’à 72h avant d’accoucher (surtout lorsqu’il s’agit du premier bébé) donc patience…

On monte dans notre chambre vers 21h, la douleur, elle, se fait de plus en plus ressentir.

Vers 23h, j’ai sacrĂ©ment mal et ne trouve aucune position dans le lit qui soulage la douleur provoquĂ©e par mes contractions – on retourne Ă  l’étage des urgences et la sage-femme me propose de prendre un bain. Elle est au courant de ma volontĂ© d’accoucher (si possible) sans pĂ©ridurale.

Je refuse le bain dans un premier temps, j’ai trop mal pour ça et il y avait comme un truc qui ne collait pas pour moi entre la douleur éprouvée et l’ambiance d’un bain. J’émets l’idée de la péridurale mais j’ai l’impression de voir dans les yeux de la sage-femme que je peux encore tenir un peu (je ne lui en veux pas du tout, comment pouvait-elle savoir que je suis en fait une personne très douillette qui prend des décisions hyper bien sur le papier mais pas toujours adaptées…).

Bref, 30 minutes plus tard, la sage-femme me réitère la proposition en insistant sur le fait que l’eau chaude pouvait vraiment atténuer la douleur et me faire du bien. J’accepte et effectivement je kiffe pas mal le moment et me relaxe même un peu.

On remonte dans notre chambre, je réussis à trouver une position plutôt confortable acceptable et à m’assoupir même un peu.

Vers 2h30, la douleur revient et cette fois-ci elle est violente (pas le time de faire bonne figure ou de se demander si je ne vais pas faire chier tout le monde Ă  retourner encore une fois Ă  l’étage des urgences / salles de naissance). Je souffre tellement qu’il m’est impossible de marcher – apportez-moi un fauteuil roulant, un tapis volant je sais pas mais faites quelque chose par pitiĂ© ! (Oui, apparemment je deviens très drama queen en prĂ©-accouchement).

Vers 3h, l’anesthésiste me pose la péridurale. Ayant une peur bleue des piqûres (un vrai calvaire les prises de sang mensuelles pour vérifier la toxoplasmose et les piqûres quotidiennes du doigt pour surveiller le diabète gestationnel), j’appréhendais réellement la péridurale. Mais comment te dire qu’honnêtement, dans la douleur des contractions c’est passé comme une lettre à la poste !

L-I-B-É-R-A-T-I-O-N et S-O-U-L-A-G-E-M-E-N-T !!!

Vers 3H30, Monsieur remonte dans la chambre (histoire de dormir dans un vrai lit) et moi je dors déjà avec un coussin d’allaitement bien calé comme il faut et je suis hyper bien, confortable bref le bonheur.

Vers 7h30, la sage-femme vérifie mon col, il est ouvert à 4 et par ailleurs, disparition du tampon (mystère jamais résolu). Elle me dit qu’on attend encore un peu et qu’éventuellement, il faudrait m’administrer de l’ocytocine si mon col met du temps à s’ouvrir davantage.

Vers 9h30, le papa me rejoint et un peu avant 10h je dis Ă  la sage-femme que je sens quelque chose pousser depuis un moment – elle vĂ©rifie et m’annonce « Ah oui, je sens les cheveux de votre bĂ©bĂ©, vous ĂŞtes prĂŞte pour accoucher ! » (trop forte bĂ©bĂ© d’amour, on est dĂ©jĂ  archi fan !).

Vers 10h30, je commence Ă  pousser ! La scène est assez mythique, tout le monde porte le masque et moi des lunettes en plus – bien-sĂ»r couvertes de buĂ©e – ce qui nous a valu un Ă©norme fou-rire avec le papa et la sage-femme qui nous a suivi dans notre dĂ©lire (un très bon souvenir malgrĂ© cette pĂ©riode folle du Covid, je dois dire… 🙂 ).

Le papa est extraordinaire, il se transforme en coach des inspirations et expirations tout en me tenant la nuque lors des poussées.

Et la sage-femme (métier admirable !), une bombe de bienveillance !

Après environ 50 minutes, la sage-femme me propose de toucher le crâne de bébé : il est tout mou et y a des cheveux 🙂

Mardi 16 juin 2020, à 11h21, Bébé est née ! Elle a été tout de suite placée sur mon ventre en peau à peau et a poussé son premier cri d’amour 🙂

Après plus de 2h de peau à peau et quelques tétées, la sage-femme est venue peser la merveille : 3,130 kg !

Un vrai bonheur, une vraie Victoire pour le papa et moi 🙂

 

Ce que je dirais à ma meilleure amie : Le projet de naissance c’est franchement bien, ça permet de mentionner au clair tous vos désirs au papa et toi et surtout de le faire savoir à l’équipe maternité. Le suivre à la lettre ? Ça doit être top ! Mais y déroger un peu et écouter ses besoins et ses envies du jour J est pas mal du tout aussi 🙂

Hâte que tu me racontes un jour ton accouchement (avec TMI included of course !).